La collègiale Saint-Potentien
La collégiale de Châtel-Censoir occupe un promontoire fortifié qui domine la vallée de l’Yonne. Elle mérite une visite pour son chœur de style roman primitif et ses chapiteaux sculptés. Cet édifice remarquable se compose de deux parties très différentes : le merveilleux chœur roman du XIe siècle surmonte une crypte à trois nefs de la même époque. Il s’oppose à la haute nef lumineuse du XVIe siècle. C’est surtout le chœur à bas-côtés qui retient les amateurs de l’art roman par son architecture aux lourdes arcades, ses hautes voûtes, ses baies à colonnettes et ses absidioles curieusement empâtées dans des chevets plats de l’extérieur. Le tout est décoré par des chapiteaux dotés de sculptures archaïques aux animaux fantastiques, éléments végétaux et motifs géométriques d’un grand intérêt. Ils occupent une place spéciale dans la sculpture romane bourguignonne du XIe siècle et peuvent être comparés aux chapiteaux de Lucy-sur-Yonne, tout proche, et à ceux de la crypte de la Cathédrale d’Auxerre. Une salle capitulaire, une sacristie et un riche mobilier achèvent de classer cette église parmi les plus intéressantes de l’Yonne.
Le promontoire de Châtel-Censoir était déjà un oppidum gallo-romain avec un sanctuaire dédié à Mercure. Selon la tradition, l’église occupe le site de ce temple païen. Castrum Censorium tire son nom de Saint-Censure, évêque d’Auxerre à la fin du Ve siècle et fondateur du château qu’il cède à ses successeurs. Il est probable qu’un lieu de culte existait depuis le Ve siècle au sommet, à côté du château puissant, faisant office de chapelle castrale. Le château relevait des évêques d’Auxerre et ses titulaires furent successivement les sires de Vergy, les barons de Donzy puis les comtes de Nevers. Une abbaye bénédictine s’y installe avec des moines venus de Poitiers.
Un chapitre de chanoines réguliers sous l’autorité de l’évêque d’Auxerre est installé par les seigneurs de Vergy au XIe siècle et subsistera jusqu’à la Révolution. C’est au IXe siècle que l’église devient collégiale et qu’elle est dédiée à Saint-Potentien. C’est probablement pendant la deuxième moitié du XIe siècle que l’église romane est construite, dont il reste le chœur et la crypte. La crypte conservait les reliques de Saint-Potentien, arrivées définitivement en 1168 depuis Lucy-sur-Yonne : elles ont fait l’objet d’importants pèlerinages jusqu’à la Révolution.
Le château fut détruit en 1157 par Guillaume III, comte de Nevers. La nef romane de l’église a subi des reconstructions au XIIIe siècle. Elle est sévèrement incendiée en 1448 et en 1470, la reconstruction définitive dans le style Renaissance n’est effectuée qu’au XVIe siècle. Un siège en 1587 emporte des destructions à l’enceinte et aux bâtiments du chapitre. Dans l’église, un cloture séparait la nef de la paroisse avec le chœur du chapitre jusqu’à sa destruction en 1757. Il existait un petit clocheton sur le chœur de l’église qui fut détruit en 1802. L’entrée de la crypte a été réamenagée vers 1900, auparavant le crypte était complètement séparée du vaisseau intérieur. L’église devenue paroissiale est classée Monument Historique en 1908.
Source : bourgogneromane.com
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